Un pion sur la planète

Ou extraits d'une vie singulière

03 septembre 2009

Aux frontières du virtuel

Mercredi aura été la journée de l’essai, du test, de l’incompréhension aussi pour certain(e)s. Une journée d’expérimentation, voici sans doute le terme exact avant les lignes qui vont suivre.

Après avoir longtemps critiqué le système facebook, sa perversité, ses dangers, j’ai l’espace d’un instant succombé à une improbable tentation. Celle de m’inscrire sur ce réseau que je juge pourtant pathétique. Login, adresse mail, mot de passe, bref le parfait outillage de l’internaute… En quelques minutes me voila en immersion dans cet univers délirant. Je ne saurai expliquer précisément la raison qui m’a poussé à faire cela. De la curiosité mal maîtrisée, sans doute ; le besoin de voir par moi-même, de juger réellement, certainement. Six heures plus tard, mon compte était déjà désactivé, supprimé, jeté aux oubliettes !

L’espace de quelques instants j’avais donc pénétré l’univers si mystérieux de cette étrange communauté. La classe ! Aujourd’hui mon jugement n’a pas changé, il s’est même renforcé. Après cet intermède de la taupe, j’ai rejoint mon esprit, mes idées, celles qui font de moi un réfractaire à facebook, ni plus ni moins.

reel_ou_virtuel

Voilà qui me conduit à cheminer un peu plus loin dans ma réflexion. Avantages, utilités, bienfaits, méfaits et déviances du web. Rien de nouveau pour moi. J’ai toujours été persuadé et je le suis encore, que la toile est un outil formidable, l’une des plus belles trouvailles de l’Homme à la fin du vingtième siècle. Internet est simplement comme tout le reste : il y a des limites, des dérives possibles et comme dans notre société, il faut être sur ses gardes.

Lister tout ce que j’estime bénéfique sur le web prendrait trop de temps et surtout ne servirait pas à grand-chose. On pense internet comme un espace de liberté, comme un endroit virtuel où l’on peut s’évader à souhait, avec insouciance. C’est à moitié vrai. C’est donc à moitié faux aussi. Il y a quatre ans, en créant ce blog, je pensais avoir ouvert un espace de liberté. Je me rends compte finalement que mon cerveau en est parfois prisonnier !

Si cet espace était un espace de liberté, je pourrais y lâcher toute ma conscience, mon esprit. Ce n’est pas le cas… Chaque mot est forcément choisi, pesé, sélectionné même inconsciemment. Si cet espace de liberté en était vraiment un, j’aurais déjà pu écrire ce qui est enfoui au fond de moi : une opinion, un avis, une simple prise de position qui n’engage que moi. Et pourtant je ne peux pas l’extérioriser, l’exposer, m’en défaire en l’écrivant, en la jetant en pâture. J’ai bien songer à rédiger ce que l’on appelle une lettre ouverte ; je crois qu’à elle seule elle pourrait engendrer de graves conséquences, pour de si petites causes. J’aimerais pourtant que ces gens, que je ne connais pas forcément, sachent… Qu’ils sachent mon point de vue, qu’ils en fassent ce que bon leur semble ensuite.

Non, ce blog n’est pas un espace de liberté. N’est-il pas finalement qu’une vitrine inutile, un pignon sur rue de ma vie ? N’est-il pas qu’un pauvre recueil futile qui n’a plus lieu d’exister ? Si cet espace n’est pas libre pour moi, il ne m’intéresse pas, il ne m’intéresse plus…

Posté par riton72 à 22:45 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Ah!Je suis dans le même état d'esprit que toi!Ca sert à quoi tout ça? J'ai plusieurs fois tout envoyer balader mais au final ,j'y suis revenue....C'est juste un moyen supplémentaire de commuquer et pour ma part partager des photos ,partager des sentiments comme tu dis,ce n'est pas le lieu.
    Quand a facebook ,j'en suis partie aussi.
    Bonne semaine .Gege

    Posté par gege, 06 septembre 2009 à 18:27

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