Un pion sur la planète

Ou extraits d'une vie singulière

06 octobre 2009

A bas l'arbitre, II

Après une telle erreur il y a d’abord la colère. Comme tous les joueurs l’envie de crier « Au vol ! », l’incompréhension, le désarroi et le refus de perdre en s’estimant floué. Trois jours plus tard, ce même sentiment reste, avec toutefois le recul nécessaire. Il faut savoir relativiser.

C’était un match de football, c’était une erreur d’arbitrage. Qui dit arbitrage dit arbitre. Qui dit arbitre dit homme en noir. L’Homme en effet, l’être humain donc et son droit à l’erreur légitime. Ainsi, même s’il ne faut pas zapper cette injustice, il faut la comprendre.

duarte

Aujourd’hui le supporter que je suis est forcément en colère. Parce que cette erreur remet en cause un résultat, le déroulement d’un match. Parce qu’elle laisse inévitablement des regrets. Parce qu’un joueur s’est retrouvé lésé malgré lui. Impossible de rester insensible aux larmes du pauvre Loriot, contraint à un sort qu’il ne méritait pas : laisser ses partenaires se débrouiller sans lui.

Au-delà encore de cette injustice, c’est son caractère sans suite qui déboussole. Car rien ne peut être fait pour la réparer, ne serait-ce qu’en partie. Aucun recours n’existe et l’innocent restera puni. C’est un comble ! Comment alors ne pas se ranger derrière les propos d’un entraîneur peut-être excessif mais qui lui aussi se montre tout simplement humain : « Aujourd'hui, c'est l'arbitre qui a gagné le match. Ce n'est pas la réalité du football. L'arbitre a cassé une semaine entière de travail sur une erreur flagrante ».

Néanmoins il faut également mettre de côté le rôle de supporter pour tenter d’obtenir des réponses. Comme je l’ai déjà écrit, il n’est pas compliqué d’admettre l’erreur humaine. Ainsi il est hors de question de parler ici de l’intégrité de l’arbitre et encore moins de la remettre en cause. Ce serait une stupidité affligeante. En revanche il faut saluer son honnêteté et son attitude digne, celle de n’avoir pas fuit ses responsabilités, d’assumer sa faute, de savoir dire « Je me suis trompé ». Plus d’un arbitre aurait tenté de se cacher derrière d’innombrables excuses sans fondements et plus d’un n’aurait pas même eu le cran de s’exprimer devant la presse.

Enfin et surtout, il faut que ce genre d’incident serve à chercher et trouver des solutions. Pour faire évoluer l’arbitrage, s’en donner les moyens, fédérer le corps arbitral. Malheureusement là encore, on semble bien loin du compte (voir ici). Pour encore combien de temps ?

En définitive, que retenir de ce samedi pour le MUC 72 ? Je retiens que mon club a perdu, qu’il a été la victime d’une erreur d’arbitrage. Mais avouons-le, en mettant de côté la manière, ce MUC là n’aurait pas mérité beaucoup mieux sur ce match. Après tout, je repense à cette phrase de cour d’école : « L’arbitre a toujours raison, même quand il a tort ». La vérité sort de la bouche des enfants…

Edit : Depuis l'écriture de cet article, Guillaume Loriot a été blanchi par la commission de discipline de la LFP !

Posté par riton72 à 10:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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