13 octobre 2009
Dans l'antre du Roi Soleil
Samedi de culture, samedi de visite, samedi d’enrichissement personnel. Je la rêvais depuis longtemps, cette découverte est devenue réalité. Au terme de 250 kilomètres de route se trouvait la Place d’armes, la statue équestre, la Cour royale, la grille royale. L’espace d’une journée, Versailles et la splendeur de son château se sont offerts à nous…
Dans l’ensemble fidèle à l’image que je m’en faisais, ce monument d’histoire reste cependant unique. Aucune photo ne peut remplacer vraiment ce que l’œil humain perçoit sur place. Il y a aussi l’odeur, du vieux bois, des tapisseries. Il y a les sons, le parquet craquant sous les milliers de pieds de visiteurs aux regards ébahis. L’album photos que je partage avec vous ne peut malheureusement pas restituer tout ceci.
Versailles c’est la démesure, un peu d’insouciance aussi, du rêve beaucoup, un témoignage du passé assurément. C’est toute l’extravagance de la monarchie, du culte ahurissant de la personnalité, qui se jettent à vos mirettes sans scrupules. La traversée des Grands appartements paraît tout simplement surréaliste ; L’enchainement des pièces semble interminable et plus le visiteur avance, plus il a l’air de ne pas y croire. Toujours plus, toujours plus grand, plus insensé, plus beau évidemment. Comment ne pas rester sans voix* devant les plafonds, les trompe-l’œil, les tableaux gigantesques, les cheminées XXL ?! Tel le clou d’un spectacle, la Galerie des glaces exprime toute la folie du monarque le plus influent d’Europe, Louis XIV (1643-1715). Il n’est bien sûr pas le seul puisque le château a connu la suite et la fin de la monarchie.
Une journée n’a pas suffit pour apprécier entièrement ce lieu grandiose. Une nouvelle excursion s’impose d’elle-même avant trois ans d’ici (mesure gouvernementale favorable, si rare !). Car le domaine de Trianon que nous avons en partie visité et le Hameau de la Reine méritent eux aussi du temps et de l’attention. Sans parler des jardins, qui seront à coup sûr à privilégier lors du bis !
C’est une corde de plus à mon arc de culture, que je ne trouverais jamais suffisamment affûté. La soif d’intérêt est à mes yeux l’une des plus belles vertus humaines, il faut s’efforcer de la contenter du mieux qu’on le peut. Allez finissons sur une petite note d’humour avec ces images ressorties du placard télévisuel. Avec un rapport à ce billet !
* En effet, un tel monument à contempler laisse plus aisément sans voix que certains tours à Bollée...
08 octobre 2009
L'armée du crime
Petite pause cinéma, encore ! Dire que ma liste des films à voir n’est pas encore écumée… Bref, le week-end dernier nous sommes allés fréquenter la salle obscure de notre bonne vieille ville. Petit aparté à ce sujet, vivement le tout nouveau cinéma fléchois ! Avant 2014 si tout se passe bien.
A l’affiche il est vrai que Le petit Nicolas était plutôt tentant. Mais j’avais coché avant sa sortie le film de Robert Guédiguian, L’armée du crime. Féru d’Histoire et plus particulièrement des deux guerres, je ne pouvais pas y couper.
Mis à part tout ce que l’on peut connaître du second conflit mondial, l’intérêt était d’y voir traité l’une de ces histoires qui ont marqué des vies, des existences, des idéaux, des combats. Plus connue sous le nom d’affaire de l’Affiche rouge, il s’agit là de la lutte d’étrangers issus de tous horizons, à Paris, pour faire face à la barbarie Nazie.
Si ce n’est Virginie Ledoyen, pas de casting de rêve pour ce film lourd, pesant mais passionnant. Nous connaissons tous le courage et la bravoure des Résistants, nous savons ce à quoi ils ont dû faire face, ce qu’ils ont pu endurer, de la torture immonde à la mort. Mais on découvre dans le film encore certaines méthodes, certaines ruses, certains procédés. Par-dessus tout, de ce sujet sensible et traité avec brio par le réalisateur, il y a un fil conducteur intéressant à plus d’un titre : Comment un homme, pacifiste dans l’âme, convaincu au plus profond de lui-même de l’inutilité de la violence, de la terreur humaine, peut-il s’engager dans la Résistance ? Comme un homme fondamentalement persuadé que le bien peut triompher du mal pacifiquement, peut-il en venir lui aussi à tuer ? C’est tout le cheminement illustré par le scénario malheureusement tiré de la réalité.
Les long-métrages traitant de cette période noire qu’est 1939-45 sont très, très nombreux. Le fait qu’aujourd’hui encore ce thème passionne les réalisateurs est je trouve révélateur. C’est surtout un bénéfice culturel énorme pour nous et pour ceux qui viendront après nous. Car le devoir de mémoire n’est pas un simple principe idéaliste, c’est une nécessité. Puisqu’il est impossible de voir tous ces films, s’il en est un que je peux donc vous conseiller parmi cette pléiade, c’est au moins celui-ci.
06 octobre 2009
A bas l'arbitre, II
Après une telle erreur il y a d’abord la colère. Comme tous les joueurs l’envie de crier « Au vol ! », l’incompréhension, le désarroi et le refus de perdre en s’estimant floué. Trois jours plus tard, ce même sentiment reste, avec toutefois le recul nécessaire. Il faut savoir relativiser.
C’était un match de football, c’était une erreur d’arbitrage. Qui dit arbitrage dit arbitre. Qui dit arbitre dit homme en noir. L’Homme en effet, l’être humain donc et son droit à l’erreur légitime. Ainsi, même s’il ne faut pas zapper cette injustice, il faut la comprendre.
Aujourd’hui le supporter que je suis est forcément en colère. Parce que cette erreur remet en cause un résultat, le déroulement d’un match. Parce qu’elle laisse inévitablement des regrets. Parce qu’un joueur s’est retrouvé lésé malgré lui. Impossible de rester insensible aux larmes du pauvre Loriot, contraint à un sort qu’il ne méritait pas : laisser ses partenaires se débrouiller sans lui.
Au-delà encore de cette injustice, c’est son caractère sans suite qui déboussole. Car rien ne peut être fait pour la réparer, ne serait-ce qu’en partie. Aucun recours n’existe et l’innocent restera puni. C’est un comble ! Comment alors ne pas se ranger derrière les propos d’un entraîneur peut-être excessif mais qui lui aussi se montre tout simplement humain : « Aujourd'hui, c'est l'arbitre qui a gagné le match. Ce n'est pas la réalité du football. L'arbitre a cassé une semaine entière de travail sur une erreur flagrante ».
Néanmoins il faut également mettre de côté le rôle de supporter pour tenter d’obtenir des réponses. Comme je l’ai déjà écrit, il n’est pas compliqué d’admettre l’erreur humaine. Ainsi il est hors de question de parler ici de l’intégrité de l’arbitre et encore moins de la remettre en cause. Ce serait une stupidité affligeante. En revanche il faut saluer son honnêteté et son attitude digne, celle de n’avoir pas fuit ses responsabilités, d’assumer sa faute, de savoir dire « Je me suis trompé ». Plus d’un arbitre aurait tenté de se cacher derrière d’innombrables excuses sans fondements et plus d’un n’aurait pas même eu le cran de s’exprimer devant la presse.
Enfin et surtout, il faut que ce genre d’incident serve à chercher et trouver des solutions. Pour faire évoluer l’arbitrage, s’en donner les moyens, fédérer le corps arbitral. Malheureusement là encore, on semble bien loin du compte (voir ici). Pour encore combien de temps ?
En définitive, que retenir de ce samedi pour le MUC 72 ? Je retiens que mon club a perdu, qu’il a été la victime d’une erreur d’arbitrage. Mais avouons-le, en mettant de côté la manière, ce MUC là n’aurait pas mérité beaucoup mieux sur ce match. Après tout, je repense à cette phrase de cour d’école : « L’arbitre a toujours raison, même quand il a tort ». La vérité sort de la bouche des enfants…
Edit : Depuis l'écriture de cet article, Guillaume Loriot a été blanchi par la commission de discipline de la LFP !
30 septembre 2009
De Fructidor à Brumaire, en passant par Vendémiaire
Voici un petit billet de transition, comme il y en a parfois, comme il y en aura encore. Septembre se termine, après avoir de nouveau été le mois du recommencement, l’éternel mois de la rentrée. De ce côté d’ailleurs, rien à signaler, tout s’est lancé sur des bases saines avec un cru qui semble encourageant.
Quelques nouveautés au programme en revanche et notamment une résolution : reprendre une activité sportive régulière. Ce sera le tennis. De quoi se défouler mais aussi prendre du plaisir à jouer. Si en plus c’est bon pour la santé ! Septembre, mois d’un changement inattendu également, qui si tout va bien se concrétisera dans les premiers jours d’octobre.
Sportivement, ce neuvième mois de l’année aura connu des travers et des réussites. Le plus gros travers je l’ai déjà évoqué précédemment, je pourrais y ajouter la triste nouvelle d’hier, puisque la passion a tué un innocent…
La plus belle réussite reste celle du week-end dernier et concerne le MUC 72. Une victoire probante (3-0 contre Lens), une belle soirée de football. J’insiste bien sur l’aspect football car pour les à-côtés, l’histoire n’est pas la même. Sans m’attarder, je constate simplement avec beaucoup d’aigreur que la liberté n’a toujours pas sa place, que la défiance gratuite est l’une des plus moches vengeances qui soit et qu’un jour ou l’autre, à défaut de rentrer dans un jeu stupide et face à tant de petitesse, il faudra se résoudre à partir. Je déplore que tous les êtres humains ne comprennent pas encore que l’ignorance est souvent la meilleure des issues. Dommage.
Je terminerai cette évocation de septembre 2009 par le fait qu’aujourd’hui nous sommes le 30. Ainsi le chiffre trente-neuf vient s’accoler aux trente-huit précédents sous le signe du bonheur. La suite est un jardin secret où il fait bon vivre, où chaque jour s’ouvre sur un sourire.
Octobre te voilà donc ! Évidemment pour moi son nom répercute généralement bien des choses dans mon esprit. J’espère que celui de cette année conservera cette saveur que j’aime tant. Au-delà des verres partagés entre joie et rires, il y aura au programme quelques autres jolies choses.
A commencer par une visite dont je rêve depuis très longtemps. Éclatant, brillant, majestueux, c’est forcément ainsi que je l’imagine puisque chacun sait que c’est ainsi qu’il est. Je vous conterai la visite de ce lieu en temps et en heure avec à la clé, je l’espère, de magnifiques clichés. Et qui sait, peut-être nous y rendrons-nous avec une nouvelle calèche ?
Il y aura aussi un dimanche après-midi qui devrait raviver les vieux souvenirs de l’octobre de mon enfance. Je le souhaite de tout cœur. Les temps ont changé, mais le cycle de la vie nous ramène peut-être à pouvoir revivre des fragments des bons moments du passé.
Puis ce dixième mois s’achèvera avec l’arrivée - déjà ! - des premiers congés. Profiter un peu des soirées chez soi, au calme et sans pression. Viendra le temps de passer à l’heure d’hiver, d’enter dans novembre et d’approcher à grands pas de la fin d’une année…
26 septembre 2009
Crashgate
Voici mon sport chéri une nouvelle fois baigné dans une sombre histoire de tricherie. Grave et avérée, « l’affaire Renault » a beaucoup fait parler ces dix derniers jours. En effet, qui n’est pas au courant ? La limite a été franchie et par la faute de quelques hommes la Formule Un voit donc son image de nouveau écornée.
Comment croire cela possible ? Tout était digne d’un scénario de fiction. Lorsque l’affaire est sortie il y a un mois, jamais je ne l’aurais crue véritable… Même dans les fabuleux albums de Michel Vaillant je n’ai pas souvenir d’avoir lu quelque chose d’aussi fou. Ainsi Nelson Piquet Jr, pilote au talent très contesté, s’est envoyé dans le mur, tout seul comme un grand, parce que ses patrons le lui avaient demandé ! Dans l’unique but de favoriser la victoire de son équipier. Difficile à comprendre, notamment par les amateurs, mais il s’agit bel et bien d’une triste réalité. Le pilote ainsi que les deux pontes de son écurie ont donc, avec pour seuls prétextes argent, gloire et business, joué avec des vies. En mettant en danger pilotes, commissaires et spectateurs, l’irréparable a été commis. Ils se pensaient intouchables, mal leur en a pris…
Les sanctions décidées à leur encontre cette semaine resteront finalement bien anecdotiques. On peut s’étonner de certaines, en trouver d’autres injuste ou encore comparer à d’autres affaires. Peu importe finalement. La première victime reste la Formule Un, l’essence même du sport automobile au plus haut niveau, celle que l’on appelle la catégorie reine. Au cours d’une saison déjà bien tumultueuse, comment trouver la crédibilité ?
J’en veux terriblement à ces gens qui salissent sans remords ma passion de toujours. Pourtant, sans doute parce qu’être passionné contient une part de rêve et de naïveté, je continuerai à croire en ce sport extraordinaire. Dimanche j’aurais toujours en moi la même tension, la même attente, le même plaisir à suivre un Grand-prix. Car tôt ou tard, l’Homme finit toujours par triompher de ses vices.
Voici déjà octobre qui se profile et avec lui la fin d’un énième championnat. Il n’aura pas la même saveur que certains millésimes ont pu avoir pour moi - 1996, 1997, 1999, 2007 ou 2008 pour ne citer que ceux-là. Mais j’aurais vibré comme toujours. Je vois 2010 comme une année positive, je l’espère au moins. Les décisions prises au sujet de l’avenir de la Formule Un me rendent pour le moment optimiste et semblent aller enfin dans le bon sens, même si bien sûr tout n’est pas parfait. Quant à Renault, puisse ce grand fleuron français retrouver rapidement une image crédible, positive, ainsi qu’une identité.
Maintenant à vous, pilotes, ingénieurs et acteurs du Formula One Circus, de nous faire vivre des moments géniaux. Moteurs !
23 septembre 2009
Die Welle*
Puisqu’il est parfois impossible de voir le film que l’on souhaite au cinéma, il faut savoir se résoudre à faire séance ciné dans son propre salon. Le film choisi était en effet trop peu diffusé dans les salles obscures alentours, voire pas du tout pour la plupart. La Vague n’étant pas une de ces superproductions qui font recette, l’explication est toute trouvée. Dommage pour un film aussi instructif que bien des gens devraient voir…
Allez, soyons fous, faisons comme chez Ruquier ! Le pitch du film : l’histoire se déroule de nos jours, en Allemagne, où un professeur doit donner un cours sur l’autocratie. Plutôt que les grands mots et les grandes théories, il va mener une expérience grandeur nature. La semaine passant va vit transformer sa classe en une dictature impitoyable…
L'une de ces scènes ne vous rappelle rien ?
Au sortir d’un tel film, les similitudes avec des faits réels sont inévitablement présentes, troublantes parfois. Avec l’Histoire et le passé que nous connaissons tous, mais aussi avec notre propre histoire et des faits plus proches de nous.
La Vague est un groupe, elle possède son identité, son emblème, sa devise et une ligne directrice. La Vague dicte les faits et gestes d’une communauté, instaure des codes de vie. Par-dessus tout, elle exècre tout ce qui est susceptible d’aller à son encontre, de contredire ses idées. Peu importe si cela interfère ou non dans les liens amoureux ou amicaux. Bien entendu, La Vague est incarnée par un visage, un seul. Celui d’un leader respecté et face à qui personne ne se dresse. Un Dieu vivant en quelque sorte.
A présent, libre à chacun de substituer ou non le mot « Vague » par un autre de son histoire personnelle. Il peut arriver que rien ne se produise, il peut arriver aussi d’être particulièrement troublé. C’est mon cas. Mais avant toute chose, n’oublions pas la vocation première de ce film dont la scène de la déferlante autocollante en ville m’a profondément alerté : les dangers du passé doivent rester les boucliers du futur. Car oublier reviendrait à commettre, tôt ou tard, les mêmes erreurs…
* La Vague
16 septembre 2009
L'autre pandémie
Liberté, Egalité, Fraternité. Ah, qu’elle est belle la devise bafouée de la France ! C’est drôle comme parfois des petits évènements se télescopent et se croisent. En fin de semaine dernière je me suis mis en quête d’une Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. Parce que je me suis dit que je serai heureux qu’elle soit affichée quelque part chez moi. Et voilà que le même jour une vidéo crée le « buzz » sur la toile…
Vous savez, cette vidéo de notre Ministre de l’Intérieur, que je ne prendrais certainement pas le temps de nommer. Tout le monde l’aura reconnu. A moins que, comme les écervelés d’un programme dégueulasse de la première chaîne, vous ne connaissiez pas les membres éminents du gouvernement qui nous dirige !
Bref, et sans mauvais jeu de mots, revenons-en à nos moutons. Ce ministre en question, en plein exercice de sa fonction d’homme politique, s’est permis un écart de langage que l’on qualifiera sans hésiter de raciste. Il n’y a bien que ceux qui le défendent aveuglément qui n’y ont vu là qu’une simple maladresse. Sans blague ! Au mieux, la maladresse est donc incompatible avec la fonction ministérielle. Au pire, cet homme est tout simplement raciste.
Malheureusement et quoi qu’en disent certains, c’est bien le pire auquel nous avons assisté. Le pire, soutenu par les personnes qui dirigent notre pays, soutenu par les personnes que les Français ont élues. Des Français aussi bien blanc que colorés ; des Français issus de diverses confessions religieuses aussi.
La France, bien que l’an 2009 soit considéré comme un temps moderne, est toujours gangrenée par le mal. Il paraît que le racisme s’étiole, ce n’est pas du tout l’impression générale que je peux avoir dans notre société. C’est un mal, un virus infernal qui pourrit mais ne s’éradique pas. Le racisme est partout, ainsi donc il est bel et bien présent dans les plus hautes sphères de l’Etat. Peu importe la polémique qui a pu suivre cette affaire, elle sera je le crains vite oubliée, étouffée. Parce que si beaucoup s’en émeuvent aujourd’hui, il faut dire ce qui est, la majorité s’en fout !
A l’heure où des décisions en pagaille et une couverture médiatique démesurée viennent nous planter le panneau « Danger, grippe A » sous les yeux, je me demande si un jour il en sera de même pour nous protéger de la maladie qu’est le racisme. A coup sûr cela n’arrivera pas de sitôt. Les retombées économiques d’une pandémie sont tellement plus intéressantes. Acheter, acheter, acheter… Pour se protéger. Tandis que se défaire du racisme pourrait ne pas couter un centime ; seulement l’éducation des consciences. La comparaison est hâtive, l’amalgame trop simple, j’en conviens. Mais pourtant…
EDIT : Ca continue ce soir. Je vous renvoie aux propos de Jean-Claude Dassier, Président de l'Olympique de Marseille...
03 septembre 2009
Aux frontières du virtuel
Mercredi aura été la journée de l’essai, du test, de l’incompréhension aussi pour certain(e)s. Une journée d’expérimentation, voici sans doute le terme exact avant les lignes qui vont suivre.
Après avoir longtemps critiqué le système facebook, sa perversité, ses dangers, j’ai l’espace d’un instant succombé à une improbable tentation. Celle de m’inscrire sur ce réseau que je juge pourtant pathétique. Login, adresse mail, mot de passe, bref le parfait outillage de l’internaute… En quelques minutes me voila en immersion dans cet univers délirant. Je ne saurai expliquer précisément la raison qui m’a poussé à faire cela. De la curiosité mal maîtrisée, sans doute ; le besoin de voir par moi-même, de juger réellement, certainement. Six heures plus tard, mon compte était déjà désactivé, supprimé, jeté aux oubliettes !
L’espace de quelques instants j’avais donc pénétré l’univers si mystérieux de cette étrange communauté. La classe ! Aujourd’hui mon jugement n’a pas changé, il s’est même renforcé. Après cet intermède de la taupe, j’ai rejoint mon esprit, mes idées, celles qui font de moi un réfractaire à facebook, ni plus ni moins.
Voilà qui me conduit à cheminer un peu plus loin dans ma réflexion. Avantages, utilités, bienfaits, méfaits et déviances du web. Rien de nouveau pour moi. J’ai toujours été persuadé et je le suis encore, que la toile est un outil formidable, l’une des plus belles trouvailles de l’Homme à la fin du vingtième siècle. Internet est simplement comme tout le reste : il y a des limites, des dérives possibles et comme dans notre société, il faut être sur ses gardes.
Lister tout ce que j’estime bénéfique sur le web prendrait trop de temps et surtout ne servirait pas à grand-chose. On pense internet comme un espace de liberté, comme un endroit virtuel où l’on peut s’évader à souhait, avec insouciance. C’est à moitié vrai. C’est donc à moitié faux aussi. Il y a quatre ans, en créant ce blog, je pensais avoir ouvert un espace de liberté. Je me rends compte finalement que mon cerveau en est parfois prisonnier !
Si cet espace était un espace de liberté, je pourrais y lâcher toute ma conscience, mon esprit. Ce n’est pas le cas… Chaque mot est forcément choisi, pesé, sélectionné même inconsciemment. Si cet espace de liberté en était vraiment un, j’aurais déjà pu écrire ce qui est enfoui au fond de moi : une opinion, un avis, une simple prise de position qui n’engage que moi. Et pourtant je ne peux pas l’extérioriser, l’exposer, m’en défaire en l’écrivant, en la jetant en pâture. J’ai bien songer à rédiger ce que l’on appelle une lettre ouverte ; je crois qu’à elle seule elle pourrait engendrer de graves conséquences, pour de si petites causes. J’aimerais pourtant que ces gens, que je ne connais pas forcément, sachent… Qu’ils sachent mon point de vue, qu’ils en fassent ce que bon leur semble ensuite.
Non, ce blog n’est pas un espace de liberté. N’est-il pas finalement qu’une vitrine inutile, un pignon sur rue de ma vie ? N’est-il pas qu’un pauvre recueil futile qui n’a plus lieu d’exister ? Si cet espace n’est pas libre pour moi, il ne m’intéresse pas, il ne m’intéresse plus…
26 août 2009
La vie seule est de la vie l'école
Aujourd’hui j’aurai pu écrire un billet d’humeur, un billet sur une quelconque actualité, un billet sur les derniers jours de beau temps qu’il me reste, ou encore un billet sur la reprise… La reprise, je l’avais rêvée bien meilleure…
Cette rentrée ne sera pas comme la dernière. C’est vrai dans le fond, chaque rentrée est sans doute unique. Celle-ci sera juste particulière. Parce que l’énergie, le dynamisme, la joie de vivre de ces « gamins » ne sera sans doute pas la même qu’elle aurait dû être. Ces « gamins » qui nous en font voir de toutes les couleurs mais auxquels, secrètement, sans parfois même s’en rendre compte, on s’attache.
Lundi, ils ne seront pas deux par deux, ils n’attendront pas sagement que la cloche sonne, ce n’est plus de leur âge. La triste réalité est venue leur rappeler avec sa cruauté. Ce n’est plus de leur âge, parce qu’adolescents ils sont déjà entrés doucement dans le monde des adultes. L’enfance rime avec insouciance, elle ne connaît pas la mort. Eux vont devoir l’affronter… Comme une épreuve qui se dresse face à eux, c’est le début de l’âge adulte qu’on le veuille ou non. Ils le vivront, le surmonteront à leur façon. Je le sais, je l’ai vécu…
Lundi, l’un d’entre eux ne sera pas là, plus là. Pourquoi, peu importe… La nature humaine vit de ses atouts et de ses vices. La mort quant à elle n’est rien qu’une conne.
Demain, je serai parmi certains d’entre eux à n’en pas douter. Une présence, comme beaucoup d’autres, que j’espère juste bénéfique, un petit rien qui leur montre que l’adulte peut comprendre l’adolescent, bien plus qu’ils ne le croient. Demain, je ne sais pas à quoi cela ressemblera… Alors j’imagine des tas de choses, parfois surréalistes. Ce que je sais, c’est qu’une fois terminé la vie tournera à nouveau sa roue. Eux devront avancer, avec le souvenir mais aussi l’envie. Vivre, bordel, on ne se rend pas compte que c’est une chance sournoise…
19 août 2009
Nous étions jeunes et insouciants
En ces jours de très forte chaleur, une petite page littéraire s’impose. Non, pas de la grande littérature mais une autobiographie pour laquelle je ne regrette pas d’avoir craqué, un peu sur un coup de tête dans le magasin.
A vrai dire, peu après la fin du Tour de France j’étais encore dans l’évènement pour être tenté par ce bouquin de Laurent Fignon. Ce n’est pourtant pas ma génération et je n’ai aucun souvenir de Fignon sur un vélo, et pourtant… A croire que j’aime les sportifs du passé. Alors pourquoi ce choix ?
Tout d’abord parce que Laurent Fignon, consultant sur France Télévisions, sait à lui seul me donner envie de suivre le Tour de France. Ses commentaires sans langue de bois, son humour, son style me plaisent énormément - et je ne suis pas le seul ! Après avoir dévoré le livre, je ne peux plus être surpris, le personnage est ainsi.
Ensuite, le courage de cet homme cet été, malgré la maladie fût exemplaire. Le dernier jour de course fût émouvant et moi-même devant mon téléviseur, l’espace de quelques instants je n’en menais pas large…
Enfin, parce que ce livre est bien écrit et qu’il raconte ce qu’était le cyclisme, le vrai. Tout y est évoqué, le sens de l’attaque, la soif de gagner mais aussi de s’amuser tout le temps. Il y est aussi question de dopage, pas forcément ce que l’on pense. Grâce à Fignon, plus jamais je ne verrais le vélo du même œil et c’est avec plaisir que je suivrai de nouveau certaines courses… Je ne peux que le conseiller, notamment à mes amis passionnés de sport. Ou bien aux nostalgiques d’une certaine époque !














